Joan Pierce, directrice exécutive d’Ameripen, l’équivalent nord-américain du CNE, a participé à plusieurs tables rondes lors du salon international de l’emballage à Paris Nord Villepinte en novembre dernier.
36_Pic01En prenant en compte l’absence de réglementation aux États-Unis pour l’industrie de l’emballage, quel message adressez-vous à vos homologues français ?
Le message principal, c’est que l’industrie de l’emballage s’inscrit dans une économie mondialisée. Et si nous faisons quelque chose de spécifique pour un matériau, nous devons comprendre que ce matériau a une application mondiale. Que l’on prenne les nouvelles technologies ou l’amélioration des performances de l’emballage ou les questions environnementales, il s’agit d’une application mondiale.

Souvent un pays met en œuvre une réglementation qui correspond spécifiquement à ses besoins, mais cette réglementation unique peut compliquer la tâche pour les industriels qui auront du mal à être efficaces. La prolifération de graphiques, de matériaux, de mesures et de normes de rendement complique la chaîne de distribution. Plus nous tendrons vers la convergence, plus nous irons vers un processus efficace et efficient.

 

 

Que pouvez-vous dire au sujet des tables rondes auxquelles vous avez participé lors du salon de l’emballage à Villepinte ?

 

C’était très bien. Pour la première fois, les Français du CNE, les Britanniques d’Incpen, les Nord-Américains d’Ameripen et les Européens d’Europen étaient réunis. En fait, beaucoup de nos membres appartiennent aux mêmes sociétés et nous effectuons des activités très semblables pour ces membres. Nous avons des similitudes mais aussi des différences. Par exemple nous parlons tous de communiquer la valeur de l’emballage pour aider les consommateurs et les législateurs à comprendre que l’emballage remplit une fonction. Nous comprenons que de nombreux consommateurs, parlementaires et éducateurs puissent penser que l’emballage est mauvais, notamment pour l’environnement, alors qu’en réalité, c’est vraiment une très bonne chose. L’emballage est un catalyseur pour fournir des produits aux consommateurs des pays développés et émergents. L’emballage rend de grands services à la société.

 

 

Par exemple ?

 

Je peux vous citer plusieurs exemples : si l’emballage renforcé peut augmenter la durée de conservation d’un produit alimentaire, alors le gaspillage sera réduit chez les consommateurs et les détaillants. Les produits invendables sont nombreux en magasins, les conséquences se chiffrent en milliards de dollars. Nous gaspillons beaucoup de nourriture et l’emballage peut aider à réduire ce phénomène. On a tellement mis l’accent sur la réduction de l’emballage que je me demande si nous ne sommes pas allés trop loin, d’autant que les produits abîmés sont en augmentation. En fait, nous devrions avoir plus d’emballage. Notre message consiste à optimiser l’emballage pour approvisionner une chaîne de distribution efficace et efficiente en y association le consommateur. Le paquet existe parce qu’il permet aux produits d’être vendus aux consommateurs avec un minimum de déchets. Donc, dans ce cas, l’emballage est une très bonne chose. J’ai récemment acheté deux plantes protégées sur Internet. Elles ont été expédiées à mon domicile et l’une d’elle est arrivée en bon état alors que l’autre était endommagée. La plante était dans un vase très grand et très lourd. J’ai examiné l’emballage et les dégâts. J’ai contacté l’entreprise et dit qu’il n’y avait pas de dégâts apparents sur l’emballage. Le vase avait été cassé à l’intérieur du caisson d’expédition. Ils ont répondu : « Nous sommes désolés, nous allons vous en envoyer un autre.» La plante de remplacement est arrivée et elle était également cassée, exactement comme la première. Je lui ai répondu : «Je crois que vous avez un problème de conception avec ce vase et vous devriez en informer le fabriquant et lui suggérer d’envisager une nouvelle conception ou bien arrêter d’expédier ces produits.» Avec un emballage insuffisant, nous allons avoir des dégâts. Mais nous pouvons aussi avoir des dégâts avec du sur-emballage si la conception du produit ne résiste pas au transport. Parfois, l’emballage ne peut palier les défauts d’un produit mal conçu. L’emballage ne peut pas remédier à tout, il y parvient si souvent que lorsque on reçoit un objet expédié à la maison et qu’il est cassé, c’est plutôt rare. Voilà pourquoi l’emballage est une bonne chose.

 

 

Quelle sorte de partenariat peut-il être envisagé entre le CNE et Ameripen ?

 

Quand on regarde l’ensemble des organisations qui opèrent dans l’industrie de l’emballage, elles sont nombreuses. Rien qu’aux États-Unis, j’ai relevé  dix-huit organisations qui ont travaillé dans l’accroissement du recyclage de matériaux d’emballage. Il y a beaucoup d’organisations. Alors pour nous qui travaillons dans ce domaine, nous devons comprendre quelles sont les actions phares de chaque organisation. Nous devons collaborer parce que nous n’avons pas les ressources nécessaires pour régler les problèmes de façon indépendante. L’industrie de l’emballage intervient dans de nombreux domaines comme les matériaux, la distribution, la publicité, l’éducation des consommateurs et les initiatives législatives. Nous devons travailler ensemble et profiter du travail des uns des autres. Ameripen a mis au point une base de données qui recense toutes les informations disponibles sur le recyclage des matériaux d’emballage aux États-Unis. Ces données sont en ligne sur notre site internet et accessibles au public. N’importe qui dans le monde peut accéder à ces données pour savoir comment ça se passe aux États-Unis. Voilà un domaine où nous pouvons collaborer. Il y a d’autres domaines et possibilités de collaboration.

 

 

Quelles sont les différences que vous avez relevées entre la France et les États-Unis ?

 

La plupart des organisations d’emballage présentent des points communs. Nous nous engageons à communiquer les valeurs de l’emballage, et à améliorer les performances de l’emballage. Nous devons aussi influencer les législateurs. Nous nous concentrons sur les données et la science pour que les lois prennent ces données en compte. Des conséquences imprévues ne font souvent qu’empirer les choses. Aux États-Unis, nous nous concentrons sur les données et sur leur communication aux législateurs et aux consommateurs.
Si les parlementaires font leur travail, ils écoutent ce que disent leurs électeurs. Le défi consiste à évaluer les données et préparer un message qui fournit des arguments convaincants pour prendre les mesures qui donnent les résultats attendus.

 

 

Pouvez-vous répondre à la question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous souhaiteriez répondre ?

 

L’industrie de l’emballage est très importante et j’ai toujours pensé que c’était presque une famille. Aux États-Unis, l’emballage emploie près de 750 000 personnes et la contribution de l’industrie de l’emballage au PIB américain s’élève à 200 milliards de dollars. C’est un montant important. Nous sommes une industrie qui compte. L’industrie de l’emballage apporte une contribution importante à la société, en offrant des produits au marché et des emplois. Nous devons nous concentrer sur la communication de la valeur de l’emballage. Nous devons envisager l’emballage sur une prospective mondiale, et non pas en fonction d’intérêts égoïstes, mais aussi pour l’industrie dans son ensemble. Je pense que les économies mondialisées évoluent. La prochaine génération va trouver un environnement de travail nettement différent de celui que nous avons connu et je pense que nous avons l’obligation de poser de bonnes fondations pour les futures générations de professionnels de l’emballage.

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