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Article 2_James Cropper LOGOPouvez-vous nous raconter brièvement l’histoire de la firme James Cropper ?

 

James Cropper est installé dans le petit village de Burneside dans le parc national du Lake District, une région montagneuse située dans le Nord-Ouest de l’Angleterre. Le fondateur a créé la compagnie en 1845 et depuis, elle a toujours été dirigée par des membres de la famille ou des apparentés. Notre président actuel, Mark Cropper, appartient à la 6e génération de la famille qui gère cette affaire depuis cette époque. Nous sommes restés un fabricant de papier depuis cette période.

Au cours de l’histoire de la compagnie, de nombreux changements sont intervenus dans nos produits et dans la manière dont nous les fabriquons. Aujourd’hui, nous fabriquons du papier de très haute qualité, sur mesure, et en très petite quantité. Il ne s’agit pas de présenter notre gamme de production à nos clients mais plutôt de leur demander : « Que voulez-vous qu’on vous fabrique ? »

Par ailleurs, nous avons deux activités qui se sont développées en dehors de la fabrication de papier. Notre département Agencement est étroitement lié à la fabrication de papier. Il produit des panneaux d’affichage grand format. Nous avons commencé par fabriquer des panneaux publicitaires pour animer des points de vente et des encadrements pour les visuels. Nous fabriquons aussi des grands panneaux numériques, et cette activité marche très bien ; cela permet aux magasins d’imprimer eux-mêmes leur propre PLV.

Enfin, nous avons notre activité de produits techniques en fibres. Il s’agit de fabriquer des « non-tissés par voie humide », autrement dit des matériaux, souvent de pointe, qui ne sont pas fabriqués à partir de la fibre de papier mais qui utilisent la même technologie. Ainsi, nous fabriquons des matériaux pour la Défense, pour le secteur aéronautique, pour l’automobile, pour les piles à combustibles. C’est un marché très différent de la fabrication traditionnelle de papier.

 

 

Pourquoi James Cropper a-t-il été un pionnier dans le développement durable ?

 

Notre intérêt pour le développement durable s’explique par notre histoire. Nous sommes installés dans une belle région de notre pays, qui est sous haute protection environnementale. Récemment, dans l’industrie du papier de luxe, la demande pour des matériaux recyclés s’est accrue. Nous avons consacré beaucoup de temps, d’énergie et d’investissement pour mettre au point des solutions qui garantissent la même qualité de produit tout en offrant un haut degré de recyclage dans nos procédés techniques.

 

 

Maintenant vous utilisez des gobelets jetables pour fabriquer du papier. Combien de temps vous a-t-il fallu pour obtenir un matériel de bonne qualité ?

 

Cela nous a pris quatre ans pour mettre au point un procédé et obtenir un circuit satisfaisant d’un matériel adapté au processus. Nous n’avons pas commencé en nous disant que nous allions recycler des gobelets jetables. Nous nous sommes dits que nous avions besoin de faire le même papier que nous fabriquons mais avec un haut degré de produit recyclé. Et c’était un vrai défi. Nous avons observé toutes les sources de matériaux recyclés que nous pouvions amener à l’usine et qui étaient disponibles pour être utilisées dans du papier. Aucune n’avait la qualité requise pour notre usage.

Alors nous avons réalisé que nous devrions développer notre propre procédé de recyclage. Nous avons examiné différentes sortes de matières premières et nous avons retenu les gobelets jetables : ils nous donnaient la qualité recherché avec le procédé adéquat.

 

 

Que fabriquez-vous avec ces gobelets jetables ?

 

Nous fabriquons 45 000 tonnes de papier par an et l’usine de recyclage peut produire jusqu’à 10 000 tonnes de matières premières pour cela. On peut dire que nous avons le potentiel pour que 20 % de notre production soit réalisés à partir de gobelets jetables.

 

 

Comment avez-vous eu l’idée d’utiliser des gobelets jetables dans la fabrication de papier de luxe ?

 

L’idée est venue à travers l’itinéraire que j’ai décrit brièvement auparavant. Nous avons pris conscience que nous devions être capables d’offrir ce service à nos clients parce que le recyclage est devenue un enjeu. Mais nous ne pouvions obtenir ce matériel simplement en achetant du matériel recyclé. Nous devions trouver une manière de le faire nous-mêmes, et ensuite nous devions trouver le matériel adéquat. Les gobelets jetables se sont révélés être la meilleure source de matériel que nous recherchions. Dans le gobelet, nous récupérons 80 % ou 90 % des fibres que nous utilisons ensuite dans nos papiers. Il y a également deux matériaux que nous devons extraire des gobelets : le plastique et l’encre. L’encre récupérée est utilisée pour les litières d’animaux tandis que le polyéthylène est brûlé dans un centre d’incinération avec valorisation énergétique. À l’heure actuelle, donc, rien ne va à la décharge. Ce à quoi nous voulons parvenir est un procédé où tout est réutilisé dans d’autres produits, et donc nous recherchons d’autres circuits pour recycler le plastique. À l’heure actuelle, 90 % des matériaux du gobelet sont recyclés dans des produits, nous voulons atteindre 100 %.

 

 

Les marques du luxe veulent-elles vraiment des matériaux recyclés dans leurs produits ?

 

Dans de nombreux cas, on nous l’a demandé. Elles veulent montrer que le développement durable leur tient à cœur et elles savent que c’est important aux yeux de leurs clients. En fait, dans de nombreux cas, la question n’est pas de savoir si c’est souhaité mais si nous pouvons en incorporer davantage.

 

 

À l’avenir, sera-t-il possible d’utiliser plus de matériel de récupération dans la fabrication de papiers de luxe ?

 

C’est possible de faire une feuille composée à 100 % de matériel recyclé, et nous l’avons déjà fait. Le défi, encore une fois, est de répondre aux exigences du produit ; cela dépend énormément des caractéristiques et de l’apparence requises pour le produit. Il n’y a pas de barrière technique pour y parvenir.

 

 

La Reine a inauguré votre nouvelle usine en juillet dernier. Pouvez nous nous en dire deux mots ?

 

L’usine de valorisation qui transforme les gobelets en matière réutilisable a été officiellement inaugurée par la Reine en juillet dernier ; c’était vraiment le témoignage incontestable du succès du projet après cinq ans de travail acharné d’une équipe de la maison. C’était réellement un événement majeur. Il y avait 2000 personnes sur le site ; chaque employé pouvait venir avec des membres de sa famille pour partager la fête.

 

 

Quelles sortes de relation peuvent être créées entre le CNE et James Cropper ?

 

James Cropper, en tant que fabricant de papiers fins en petite quantité pour répondre précisément aux exigences du consommateur, doit être totalement en phase avec ce que veulent vraiment les consommateurs. Une organisation comme le CNE nous permet de nous adresser directement à ces consommateurs. Les professionnels qui sont en contact avec le CNE peuvent clairement exprimer ce qu’ils veulent voir dans leurs emballages. C’est très précieux pour nous ; cela nous permet de fournir des produits qui sont vraiment recherchés dans ce marché. Assurément, il y a beaucoup de choses en commun entre nous. Le CNE est très soucieux de l’utilisation des bons matériaux, d’une approche correcte de l’emballage, et de la satisfaction des exigences du consommateur, tout en garantissant la durabilité. Et ce que nous voulons faire, c’est justement fournir la même chose. Il y a un lien évident.

 

 

http://www.jamescropper.com/

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