CREATION PACKAGING : trouver le bon équilibre entre pérennité du produit et respect de la marque

PAROLE CITOYENNE
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CREATION PACKAGING : trouver le bon équilibre entre pérennité du produit et respect de la marque

François GautierDirecteur du studio de création packaging chez Parfums Christian Dior, François Gautier a participé au jury du Concours Emballé 3.0 en février dernier. L’occasion pour lui de faire ses premiers pas au CNE et de mesurer la capacité d’innovation et d’éco-conception des étudiants en écoles de design. Une démarche que lui et son équipe de création s’appliquent quotidiennement à développer chez Parfums Dior.

 

Comment aujourd’hui conciliez-vous packaging de luxe et développement durable ?

 

Dans notre travail de création packaging, qui porte à la fois sur le soin, le parfum et le maquillage, notre première démarche va bien évidemment être esthétique, en lien avec le patrimoine légué par Christian Dior. Mais celle-ci  s’accompagne depuis plusieurs années d’une profonde réflexion sur la recherche de pérennité de vie du produit, à travers notamment le  développement de produits rechargeables. Dans ce domaine, Dior s’est d’ailleurs montré particulièrement innovant en proposant dès le début des années 2000 une gamme de soins prestige en pot en verre pressé et soufflé réutilisable à l’aide de recharges… Après toute la difficulté, et c’est aujourd’hui ce qui nous anime, consiste à trouver le bon équilibre entre les matériaux utilisés, la pérennité des produits conçus, tout en garantissant le respect de l’image de luxe de la Maison Dior qu’ils véhiculent.

 

Diriez-vous que cette démarche « éco-responsable » est un frein ou au contraire un vecteur de créativité ?

 

Bien sûr, c’est complexe, car cela nous impose d’imaginer et de concevoir des produits conçus dans des matériaux souvent différents et pouvant s’imbriquer les uns aux autres. Mais cette complexité, née de la nécessité de faire fonctionner un contenu dans un contenant, nous ouvre certaines portes pouvant déboucher sur de la créativité. Après, nous sommes également très attentifs aux nouveaux matériaux composites ou plastiques, dont certains présentent une dégradabilité importante. Malheureusement, s’ils peuvent aujourd’hui servir pour le conditionnement, ils ne nous permettent pas d’avoir un niveau de qualité, en termes de transparence ou de tendu des matières par exemple, à la hauteur de nos exigences pour nos produits.

 

Vous avez récemment participé en tant que membre du jury au concours Emballé 3.0 du CNE dont Dior est partenaire. Que retenez-vous de cette expérience ?

 

Je trouve que c’est un concours extrêmement intéressant dans la mesure où il implique de la part des élèves une réflexion profonde sur le plan de l’innovation packaging. Les résultats étaient d’ailleurs là pour le montrer, la plupart des candidats ayant su faire preuve d’une approche design originale et innovante. Maintenant, il me semble que l’un des prochains objectifs pourrait être d’aller encore plus loin dans l’éco-conception de produits, et donc dans la créativité.

 

En quoi est-il important pour vous que les designers packaging soient associés aux travaux du CNE ?

 

C’est même essentiel à mon sens. Il n’existe pas de création sans technique, et sans technique vous n’avez pas non plus de création. C’est notamment pourquoi j’ai créé une petite cellule ingénierie au sein du studio de création. Il est fini le temps où les designers créaient dans leur coin des objets sur lequel les industriels s’arrachaient ensuite les cheveux lorsqu’il fallait passer à la phase de production. Vous avez aujourd’hui une vraie synergie entre la réflexion ingénierie, industrielle, et les créatifs. Une synergie que le CNE, à travers les travaux qu’elle mène avec l’ensemble des acteurs de la chaîne de l’emballage, contribue également à améliorer.