Entretien avec Laure BOMY – Directeur général de FNB (Fédération Nationale des Boissons)

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Entretien avec Laure BOMY – Directeur général de FNB (Fédération Nationale des Boissons)

Photo Laure BomyPouvez-vous nous présenter votre fonction et les activités de la FNB ?

La Fédération Nationale des Boissons est l’organisation professionnelle qui fédère et représente les Distributeurs-Grossistes en boissons ou Distributeurs Conseils Hors Domicile (DCHD) exerçant leur activité sur le marché de la CHD (Consommation Hors Domicile : cafés, hôtels, restaurants, collectivités, associations, particuliers, etc…).

Elle est un lieu d’échanges, de rassemblement et d’expertise pour ses membres. La FNB représente et défend les intérêts communs de la profession. A ce titre, en qualité de Directeur Général de la structure, j’interviens auprès de ses partenaires de la filière boissons, des pouvoirs et institutions publics et tout autre opérateur afin de faire entendre la voix de notre profession et conduire toute action visant à valoriser et faire reconnaître nos spécificités.

Seule organisation patronale représentative, la FNB gère également la politique sociale et la politique formation de la branche, en application des principes de transparence, du respect des règles de droit et des principes démocratiques de fonctionnement de la négociation collective et du paritarisme.

Plus globalement, la FNB conseille et accompagne ses adhérents sur de nombreux thèmes, qu’ils soient d’ordre fiscal, social, juridique, dans le cadre d’une réglementation complexe, et les informe au travers de ses différents outils de communication (site internet, espace et newsletter adhérent dédiés, et l’e-dchd-mag, notre lettre tout public).

La FNB a collaboré de manière active au groupe de travail « emballages et consigne-Panorama des systèmes de réemploi », pourriez-vous nous dire en quelques mots votre perception de l’organisation des travaux et de l’animation de ce GT ? Quels axes d’amélioration ?

Conduire une telle démarche dans un délai aussi court, au regard des différents acteurs qu’il convenait d’y associer, est en soi une belle performance ! C’est un sujet complexe à appréhender tant il y a de forces en présence, d’avis divergents mais également de « mythes » à clarifier ; et il est souvent difficile d’obtenir une qualité d’informations suffisantes pour nourrir objectivement les débats. Pour conclure, bien qu’il soit assez dommageable que certains n’aient pas souhaité y contribuer alors même que des expérimentations sont en cours en leur sein, j’aime à croire que grâce à la qualité d’écoute et de dialogue dont tous les participants ont fait preuve, cette publication sera appréciée et utile pour les débats et évolutions à venir.

Ce Groupe de travail a abouti à la publication d’un document sur le sujet du réemploi et de la réutilisation. Quels sont les points saillants que vous retenez de ce document ?

Tout d’abord, qu’il y a bien plus de secteurs d’activités ou de filières qui ont encore recours à ce type de pratique que ce que l’on croit connaître et nous devrions davantage les valoriser. Ensuite, que lorsque les différents acteurs de la chaîne de vie de produit sont tous associés, voire volontaires… il est parfois possible de faire évoluer « des positions dogmatiques », de concevoir de nouveaux modèles – souvent pertinents d’un point de vue économique et environnemental – pour optimiser la gestion des flux et limiter la production de déchets.

Enfin, qu’il conviendrait d’aligner les définitions, textes de loi et réglementations au niveau européen, ne serait-ce que dans les termes employés, afin de ne pas – comme c’est le cas aujourd’hui – ajouter de la complexité à un sujet qui l’est déjà.

En tant qu’entité FNB, quels sont les préoccupations de vos adhérents (en rapport avec l’emballage) que le CNE pourrait investiguer dans le cadre de groupes de travail ou de tout autre mode d’information (matinée d’information, etc.) ?

Nous sommes convaincus que le recours aux emballages re-remplissables consignés en CHD, pour certaines catégories de produits, a du sens, à la fois pour nos clients et nos fournisseurs qui n’ont pas à se préoccuper du déchet qu’un autre format produirait, et parce que cela offre aussi à ces mêmes acteurs un moyen de se différencier des autres lieux de consommation au-delà de tout avantage environnemental et de services, puisque nous gérons pour eux les flux logistiques associés. Ainsi, dans un contexte où la gestion des déchets d’emballage représente de forts enjeux, chaque acteur de la filière est responsabilisé et peut prendre conscience de l’intérêt de proposer, encore, ce type de produit dès lors que cela semble pertinent avec le moment de consommation (service en salle). Un groupe de travail spécifique, associant également les organisations professionnelles des clients CHR, pourrait être mis en place en ce sens et des matinées d’information pourraient être organisées et animées en présence d’industriels favorables au maintien de ce format en CHD. De même, le CNE pourrait également investiguer sur le thème, plus large, de la gestion de l’ensemble des emballages boissons en CHD et des possibilités d’imaginer une filière dédiée en s’appuyant sur notre initiative.

Avez-vous des suggestions pour renforcer les activités du CNE et ainsi contribuer à la visibilité du CNE ?

Différencier les sujets B to B et y associer plus d’acteurs comme la distribution spécialisée, les grossistes-intermédiaires qui ont une approche et un rapport avec leurs clients très différents du B to C.