Entretien avec Sylvain PASQUIER – Coordinateur de secteur – Direction Économie Circulaire et Déchets à l’ADEME

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Entretien avec Sylvain PASQUIER – Coordinateur de secteur – Direction Économie Circulaire et Déchets à l’ADEME

Pouvez-vous nous présenter votre fonction et les activités de l’ADEME en lien avec l’emballage en quelques mots ?

Au sein de la Direction Économie Circulaire et Déchets je coordonne les différentes activités de l’ADEME en lien avec les emballages : depuis l’écoconception jusqu’au recyclage des déchets d’emballage. De nombreux travaux, conduits par l’ADEME, comportent un volet spécifique sur la question des emballages : écoconception, labels, affichage environnemental, éco-consommation, alimentation durable.

Concernant les déchets d’emballages, l’ADEME apporte son expertise auprès des Pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs dans le suivi et l’optimisation de la filière REP des emballages ménagers et travaille également à accroitre le recyclage des emballages industriels et commerciaux qui ne sont pas dans le périmètre de la REP.

L’agence assure aussi, dans le cadre des directives européennes, l’évaluation des résultats de la France pour la valorisation des emballages.

Des liens historiques unissent les deux entités ADEME et CNE « pour le meilleur de l’emballage » (soutien financier éco-conception, appui dans nos Groupes de Travail,…), pouvez-vous nous évoquer les points forts de cette collaboration ?

 Deux points forts de la collaboration de ces dernières années :

  • L’étude menée tous les trois ans entre CNE, ADEME et Eco-Emballages sur l’analyse de l’évolution des emballages ménagers sur dix marchés de grande consommation. Pour la première fois, grâce à cette étude, l’importance relative des différents facteurs explicatifs de l’évolution des tonnages d’emballages ménagers a pu être identifiée, entre consommation et caractéristiques des emballages, et les impacts environnementaux associés évalués.
  •  Les fiches pratiques éditées par le CNE, avec le soutien de l’ADEME, sur l’écoconception ou les allégations environnementales. La conception de ces fiches, accessibles, synthétiques et opérationnelles, a permis d’assurer une diffusion auprès du plus grand nombre d’entreprises, en particulier des PME, de points clés à prendre en compte.

Dans le cadre du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ADEME soutient de manière active le groupe de travail « Contribution de l’emballage à la réduction du gaspillage alimentaire en France », pourriez-vous nous parler de votre engagement auprès du CNE sur ce sujet ?

L’une des mesures du second Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire pour 2017-2020 est de favoriser l’émergence de pratiques innovantes en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, dans tous les domaines de la chaîne alimentaire, dont les emballages.

Le CNE a en 2011 publié un premier guide sur le rôle clé de l’emballage dans la prévention du gaspillage et des pertes. Depuis cette publication, de nombreux travaux et expérimentations ont été conduits, en particulier par l’ADEME, permettant de mieux comprendre les enjeux, les leviers possibles et les effets attendus.

Pour l’ADEME il est important de prendre en compte ces nouvelles connaissances et de pouvoir explorer de manière très ouverte les différentes étapes où intervient l’emballage depuis la conception du produit jusqu’à sa consommation. Pour chacune de ces étapes, le groupe de travail doit contribuer à préciser le rôle que l’on peut attendre de l’emballage sur ce défi du gaspillage alimentaire.

Des thématiques comme l’accompagnement de la consommation du produit, l’adaptation des doses ou la vente en vrac sont à aborder.

Par ailleurs, l’emballage doit pouvoir mieux intégrer cet enjeu du gaspillage alimentaire, tout en maintenant une prise en compte ambitieuse des exigences essentielles de réduction à la source et de recyclabilité.

Vous avez participé aux réunions du GT, que retenez-vous de cette expérience d’intelligence collective (animation, pluralité des participants, prise de parole, compte rendu des débats…) ?

 Le CNE a la capacité de réunir les différents acteurs concernés par ce sujet de société du gaspillage alimentaire : conditionneurs, industriels de l’emballage, distributeurs, associations de consommateurs et environnementales.

Cela permet d’avoir et de confronter, dans une dynamique de construction collective, une pluralité de points de vue sur un sujet qui est à la fois technique, économique et environnemental mais aussi sociologique et comportemental.

Quelles sont les thématiques (en lien avec l’emballage), qu’étudie l’Ademe et que le CNE pourrait investiguer dans le cadre de groupes de travail ou de tout autre mode de communication (matinée d’information, etc.) ?

Le CNE co-anime avec le ministère de la transition écologique et solidaire un atelier sur le réemploi des emballages industriels et commerciaux. Ces travaux, dans lesquels l’ADEME est fortement impliqué, vont contribuer à établir un état des lieux et à identifier des actions possibles pour développer ce réemploi lorsqu’il s’avère être la solution la plus pertinente et la moins impactante pour l’environnement.

Nul doute que ces pistes nécessiteront pour leur mise en œuvre des investigations et des actions complémentaires dans lesquelles le CNE sera associé.