Interview d’Aymeric SCHULTZE Directeur Général ACN

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Interview d’Aymeric SCHULTZE Directeur Général ACN

portrait_A_SchultzePouvez-vous nous présenter ACN en quelques mots ?

Alliance Carton Nature (ACN) représente les fabricants de briques alimentaires en France (Tetra Pak, SIG Combibloc et Elopak) et s’attache à faire connaître les briques alimentaires comme une solution d’emballage renouvelable, recyclable, et à faible empreinte carbone.

ACN participe activement à l’intelligence collective du CNE, quels sont les liens avec le CNE qui permettent de faire avancer « le meilleur de l’emballage » ? Quels intérêts croisés CNE/ACN percevez-vous dans la relation au quotidien ?

ACN participe aux groupes de travail du CNE, apporte son retour d’expérience d’industriel de l’emballage à la collectivité, et s’attache à intégrer et diffuser les recommandations issues des publications du CNE à ses adhérents : en particulier, nous participons aux travaux sur l’éco-conception et sur l’information environnementale. ACN est membre du Comité Allégation du CNE.

Les citoyens, consommateurs, décideurs sont tous en contact avec l’emballage, au quotidien ; pourtant, celui-ci reste souvent un objet largement méconnu, que l’on ne remarque que lorsqu’il a accompli son rôle de protection des produits, et qu’il faut le jeter ! Le CNE s’engage fortement pour faire connaître l’ensemble des fonctionnalités des emballages et leur haute valeur ajoutée : transport, conservation, protection, manipulation, etc. ACN partage pleinement cette vision de l’emballage, et accompagne le CNE en apportant sa contribution sur un emballage spécifique, la brique alimentaire. Dans notre industrie, il suffit d’observer les modèles actuels de briques, avec leur diversité de taille, de forme et de bouchons pour comprendre l’ampleur de l’innovation chez nos adhérents, qui fait écho à la diversité des besoins des consommateurs.

Par ailleurs, ACN considère que le CNE est une plateforme et un réseau d’acteurs pour témoigner de l’engagement de l’ensemble des industriels pour améliorer leurs emballages, pour rendre encore plus de services aux consommateurs tout en réduisant leur impact environnemental. Le CNE est donc aussi une caisse de résonnance pour expliquer à un public plus large nos engagements, en particulier sur l’environnement.

 Vous avez participé à l’élaboration du document récent suivant : « emballages et économie circulaire », pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’importance de l’économie circulaire dédiée à la brique alimentaire (usage des ressources, transport, recyclage…) ?

L’économie circulaire, comme l’indique la récente proposition de Loi sur la Transition Energétique, doit reposer à la fois sur une gestion en amont des ressources naturelles, et en aval, sur le recyclage des déchets. Nous souhaitons ainsi que l’ensemble des travaux et acteurs qui se penchent sur le sujet de l’économie circulaire le fassent bien avec cette double vision.

La brique alimentaire, à notre sens, est un exemple intéressant de mise en pratique de cette économie circulaire : en amont, 75% de la brique est constituée de carton, qui provient de forêts gérées de manière responsable, souvent certifiées par FSC®, une ONG de certification forestière extrêmement exigeante. Les adhérents d’ACN ont d’ailleurs pris l’engagement exemplaire d’avoir 100% de leurs sites de production certifiés par FSC® en 2018, dans monde. Le fait d’exploiter une ressource renouvelable est ainsi déjà une mise en œuvre du principe de l’économie circulaire.

Plus largement, les adhérents d’ACN travaillent sur l’ensemble des axes d’éco-conception de la brique ; améliorer la conception de celle-ci est ainsi une démarche d’entreprise, mais aussi de filière. Au-delà des engagements sur le carton, peuvent-être citées des innovations relatives au remplacement du PE fossile par du PE végétal, ou encore la suppression de la barrière aluminium, par exemple.

En aval, les briques alimentaires sont recyclées, et peuvent connaître une seconde vie en produits d’essuyage et en emballage, pour le carton, et en mobilier urbain pour le plastique et l’aluminium des briques. Aujourd’hui, 45% des briques mises sur le marché sont recyclées, et nous espérons encore pouvoir faire croître ce taux.

Quelles sont les préoccupations majeures d’ACN concernant la brique alimentaire ? Le CNE peut-il être légitime à documenter certaines de ces préoccupations ?

Au-delà de la problématique de l’économie circulaire, qui nous semble une opportunité formidable pour mettre en avant l’engagement des acteurs de l’emballage, ACN et ses adhérents sont très attentifs à l’organisation du tri et du recyclage des emballages en France. Nous avons notamment suivi et contribué aux travaux des pouvoirs publics sur l’organisation du tri à l’horizon 2030 et observons avec attention les volontés d’étendre les consignes de tri à tous les plastiques.

Ces sujets, d’apparence technique, auront une influence forte sur notre quotidien dans les années à venir : avec l’augmentation tendancielle des volumes d’emballages à recycler et l’élargissement des consignes de tri, il est nécessaire que l’organisation de la collecte et du tri s’adapte, en France, pour faire face à ces évolutions, à un coût maîtrisé pour l’ensemble des acteurs, industriels, citoyens et collectivités. Rationnaliser l’outil industriel de tri et optimiser les schémas de collecte seront des actions nécessaires. C’est, pour nous, une des conditions pour continuer à améliorer le taux de recyclage des emballages.