Interview de Bruno Garnier – CARREFOUR

Allégations environnementales portant sur les emballages des produits
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La lutte contre le gaspillage, cause nationale – Le rôle clé de l’emballage
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Interview de Bruno Garnier – CARREFOUR

Expert de l’emballage et du développement durable, Bruno Garnier du groupe Carrefour évoque avec nous la responsabilité fondamentale de l’entrepreneur dans le respect de l’environnement à travers les questions de l’emballage. Des questions qui restent le coeur du groupe de travail intitulé « Prévention du gaspillage et des pertes de produit : le rôle de l’emballage. Entretien.

 

CARREFOUR et CNE

 

Quels liens unissent les deux entités « pour le meilleur de l’emballage » ?

 

Carrefour a pris conscience depuis la création de produits à sa marque de l’importance de l’emballage dans notre univers de consommation. Etre conscient de son empreinte environnementale et de la responsabilité sociétale qu’il induit, mais aussi être conscient qu’il est un intournable dans notre business model.

 

Nous avons souhaité donc depuis très longtemps nous associer avec toutes les parties prenantes qui portent un message et une action positive sur l’univers de l’emballage. Naturellement le CNE est devenu au fil du temps un interlocuteur privilégié à associer obligatoirement dans toutes nos réflexions. Participer également à l’ensemble des groupes de travail est devenu incontournable afin de partager nos idées et nos valeurs d’entrepreneur.

 

Appréciations de Carrefour sur le groupe de travail « gaspillage et pertes »

 

Qu’avez-vous pensé de l’organisation du GT et de la pluralité des parties prenantes ?

 

Pour ma part, j’ai trouvé l’ensemble des débats très professionnel grâce à l’échange avec l’ensemble des experts du secteur (autres compétiteurs, syndicats filières matériaux etc..). Les pouvoirs publics sont des incontournables, et je note un décalage de perception et d’expertise. Au final ces rencontres et ces échanges sont extrêmement enrichissants pour tout le monde et j’ai le sentiment de pouvoir enfin passer un message positif et responsable auprès des pouvoirs publics et ONG. Nous ne sommes pas dans un univers des plus roses mais il est tout de même loin d’être noir comme certains se complaisent à l’annoncer ou à en faire un fond de commerce.

Le CNE est une formidable plateforme de communication et d’échanges.

 

Comment avez-vous perçu la nature des débats sur le gaspillage ? serein ? houleux ?

 

Sereins, professionnels et pragmatiques et à la fois très passionnés et engagés.

 

 

Sur le document lui-même, quels faits majeurs et/ou bonnes pratiques peut-on mettre en avant (industriels, distributeurs et consommateurs)?

 

La mise en œuvre des bonnes pratiques est une des solutions partagées dans le Groupe de Travail CNE et nous nous attacherons à faire progresser ces thèmes dans nos différentes démarches internes. La responsabilité collective, extrêmement diluée dans notre vie actuelle, reste tout de même la solution majeure pour endiguer ces maux de société.

 

 

Le consommateur a-t-il conscience de ce qu’il jette et de son coût ?

 

Pour en avoir débattu récemment en interne, cela est générationnel. L’approche est très différente selon sa tranche d’âge, son historique personnel, sa région d’origine et son éducation. Malgré tout, je pense que « Non » le consommateur « moyen » n’a pas conscience de cet énorme gâchis. A nous et aux pouvoirs publics de communiquer en rappelant des principes de bases. Le Groupe de travail CNE et sa Note de Position est très clair là-dessus.

 

Comment Carrefour pilote-il la suite de ce document en termes d’actions?

 

L’emballage ne peut à lui seul résoudre ces problèmes mais il y participe. Dans la politique emballage et développement durable du Groupe, un certain nombre d’indicateurs vont dans le sens de la réduction globale de l’empreinte environnementale. Pour la recette, le produit, véhiculer des bonnes pratiques sur les emballages sont des pistes. Eduquer le consommateur clairement « Non », le guider, l’aider, l’informer, l’enchanter sont nos missions et valeurs pour être le commerçant préféré.

 

CARREFOUR et l’emballage

 

Quelles sont les actions en cours ou réalisées sur l’emballage ?

 

5 axes de travail majeurs :

 

  • Réduction à la source et suppression des suremballages,
  • Préférence accordée aux solutions mono matériaux pour faciliter le tri réalisé par les consommateurs et accroître le taux de recyclage des matériaux dans les filières de valorisation existantes,
  • Utilisation des matériaux recyclés issus des filières de recyclage actuelles,
  • Utilisation de matériaux certifiés issus de ressources renouvelables et gérées de façon responsable,
  • Impression des papiers carton avec des encres et vernis plus respectueux de l’environnement.

 

Quels sont les défauts que l’emballage doit corriger (durée de vie du produit augmentée, refermeture à améliorer, vidage complet du produit…) ?

 

L’éco-conception et le bon sens (être à l’écoute de nos consommateurs) nous guident vers de multiples solutions avec en permanence le souci de se projeter vers la réduction globale de l’empreinte environnementale de l’emballage. Bien sûr un des indicateurs prépondérant sur le sujet du gaspillage (qui d’ailleurs fait partie intégrante de l’éco-conception) c’est le « Taux de restitution » du produit par l’emballage. S’attaquer à cet indicateur est tout simplement du bon sens et un effort incroyable vers la diminution des pertes. Presque imperceptible par le consommateur aujourd’hui, mais il est certainement à valoriser plus amplement demain.

 

 

 

Quels sont les avantages de l’emballage pour la distribution ? Y’a-t-il des avantages que le consommateur ne voit pas ?

 

C’est notre « business model », donc incontournable pour beaucoup de marché. Dans les fonctions essentielles de l’emballage bien sûr une partie d’entre elles sont invisibles ou perceptibles mais elles sont incontournables dans le cycle de vie globale de l’emballage. A nous de travailler ensemble « intelligemment » pour que l’emballage ait une meilleure image auprès des consommateurs et des responsables politiques.

 

Comment informer sans culpabiliser, selon Carrefour ?

 

Parler aux plus jeunes, en expliquant très simplement les bonnes pratiques à mettre en œuvre dans leur proche avenir car ils sont souvent très prescripteurs auprès des autres générations sur ces thèmes particuliers. Cela évite de stigmatiser et permet aussi de réveiller les consciences.