Guide pratique pour l’éco-conception des produits emballés
Avr 2012
Publication du document CNE « Eco-conception & Emballages : guide méthodologique »
Mai 2012

Interview de Michel FONTAINE

www.emballageweb.com

 

Présence accrue au Salon de l’Emballage 2012, échanges multipliés avec les associations d’emballage internationales, publication d’un « Guide méthodologique de l’éco-conception » au terme d’une année de travail, nouveau rapport dont la publication est prévue en avril… l’actualité 2012 est dense pour le Conseil national de l’Emballage et Michel Fontaine nous en dévoile les temps forts…

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Vous avez souhaité renforcer votre présence au sein du Salon international de l’Emballage ?

 

Ce salon est l’un des plus importants salons de l’emballage au monde avec ceux aux Etats-Unis, au Japon et en Allemagne. Le rôle du CNE, c’est d’être l’émetteur et le diffuseur de bonnes pratiques en matière d’emballage.

Aussi, il nous est apparu tout à fait naturel et pertinent d’y être associé. Et nous avons travaillé dans ce but depuis près d’un an avec l’équipe organisatrice et sa directrice Véronique Sestrières. Ensemble nous sommes partis du constat suivant : il y a aujourd’hui, sur le marché de l’emballage, une floraison de produits qui revendiquent d’être éco-conçus. Que recouvre ce vocable d’« éco-conception »? Qu’en est-il réellement ? Et comment faire progresser cette démarche d’éco-conception ?

 

Ce qui fait l’objet de votre « guide d’éco-conception » – un véritable document d’intérêt public – en ligne sur votre site ?

 

Oui, cela a été tout l’enjeu d’un groupe de travail qui pendant plus d’un an a réuni une trentaine de participants (entreprises de l’agro-alimentaire, de la grande distribution, emballagistes, associations de consommateurs, designers, experts…). Nous avons œuvré à mettre en place une sorte de guide pratique afin d’aider les entreprises dans une démarche sincère et robuste d’éco-conception.

Le guide est à l’usage de toutes les entreprises mais nous savons que les plus grandes sont souvent parfaitement organisées et ce guide est surtout pour celles qui ne disposent pas toujours des ressources suffisantes tant en moyens humains qu’au niveau de leurs budgets. Présenté sous la forme de 25 questions, il permet une prise de conscience facile et une information complète pour mieux concevoir les produits et leur emballage.

Un exemple : la palettisation. C’est l’un des aspects très importants en matière d’environnement. Selon la façon de concevoir le produit et son emballage, vous pouvez multiplier les produits sur une palette, diminuer les volumes à stocker et donc les camions…Tout se joue au millimètre, et l’anticipation en la matière est indispensable.

C’est l’un des points qu’évoque ce rapport. Il s’agit de principes simples, des questions pratiques éprouvées au fil du temps qui permettront, nous l’espérons, un véritable progrès dans l’utilisation de cette démarche vertueuse d’Eco-Conception.

 

De fait, l’éco-conception, ce sera le « fil rouge » de votre participation au salon de l’Emballage ?

 

Exactement, ce sera l’un des temps forts. Nous avons beaucoup échangé avec nos homologues américains et européens et nous souhaitons mettre en avant lors des tables-rondes que nous organiserons comment l’éco-conception est définie et vécue dans chacun des pays et continents.

C’est très intéressant de constater comment chaque pays pense la « fin de vie du produit ». En Europe, par exemple, il y a déjà de nombreuses années que la Commission européenne a légiféré sur « la responsabilité élargie des producteurs » (REP). Désormais, pour tout achat d’un produit, le producteur est tenu de payer une taxe sur l’environnement destinée à la récupération et au recyclage du produit. Cela passe par le point vert en Europe et Eco-Emballages en France.

De plus, en France, le Grenelle de l’Environnement a amplifié cette prise de conscience.

Aux Etats-Unis, il n’y a pas ces contraintes pour les entreprises, ce sont les pouvoirs publics qui gèrent seuls les déchets. Mais cela n’empêche en rien le recyclage de progresser et un véritable « business » s’est mis en place dans ce domaine.

En Grande-Bretagne, les consommateurs sont beaucoup plus « militants » et des avancées considérables se sont fait jour déjà sous l’influence des associations pour le respect de l’environnement.

Cela sera très intéressant de confronter ces différentes approches.

 

Vous avez prévu de publier un nouveau guide à l’horizon de novembre 2012 à propos des « Allégations environnementales en matière d’emballage » ?

 

Le CNE demeure fidèle à sa ligne de conduite : promouvoir des bonnes pratiques et informer à ce propos entreprises, consommateurs et pouvoirs publics.

Nous avons déjà publié fin 2011 un document de position rappelant les différentes règles qui s’appliquent lorsque l’on communique sur ce sujet. Il s’agit de mettre fin à certaines inexactitudes voire contre-vérités.

Par exemple, si un industriel fait le choix d’un récipient en verre plutôt qu’en plastique pour contenir son produit, est-ce que cela a nécessairement un impact négatif en matière de protection de l’environnement ? N’y a-t-il pas en matière d’environnement des préjugés qu’il convient de dissiper ?

Le guide projeté vise à prendre 25 à 30 exemples de la vie de tous les jours et d’expliquer ce que l’on ne peut pas dire et ce que l’on peut dire. Cela s’appellera « Allégations environnementales = mode d’emploi »

Le ministère de l’Environnement et l’Ademe nous soutiennent dans notre démarche dans ce domaine.