Le palmarès 2013 du concours « Emballé 3.0 » du Conseil National de l’Emballage
Mar 2013
CNE’s views and recommendations about the Environmental claims on product packaging
Avr 2013

Interview de Nicole SALDUCCI

Responsable des Affaires Scientifiques et Réglementaires chez Procter&Gamble, ainsi que  Présidente du comité Environnement de l’Ilec, Nicole Salducci nous explique toute l’importance du lien ancien qui unit P&G et le Conseil National de l’Emballage « pour le meilleur de l’emballage ».
42_Pic01Expliquez-nous le choix d’une grande multinationale comme Procter&Gamble de participer au CNE ?
Une des missions primordiales du service « affaires scientifiques et réglementaires » est de répondre aux exigences fixées par les directives européennes mais aussi d’assurer la conformité des produits par rapport aux exigences nationales, parfois encore plus fortes, comme celles assignées par le Grenelle de l’Environnement.

P&G a choisi d’apporter sa contribution au sein des organisations professionnelles et des associations comme le CNE. Cela est très intéressant pour nous, d’avoir en retour, sur des sujets pertinents, le point de vue de parties prenantes comme les associations de consommateurs, de protection de l’environnement, les entreprises de la distribution ou les fabricants d’emballage.
Une fois que les positions sont clairement établies, nous pouvons les diffuser au sein de l’entreprise et ainsi sensibiliser nos équipes, nos services marketing notamment.
Même si nous ne participons pas à  tous les groupes de travail dans le cadre du collège des industriels de produits de grande consommation, nous prenons toujours connaissance avec grand intérêt des rapports effectués.

 

 

Vous avez participé à une table-ronde en novembre dernier à l’occasion du Salon de l’Emballage, vous vous êtes beaucoup impliquée dans l’élaboration du rapport « Allégations environnementales relatives aux emballages du CNE » ?

 

Oui effectivement les allégations environnementales sont en constant essor depuis quelques années et elles pouvaient apparaître parfois trop globalisantes, imprécises voire inadaptées. Il était indispensable qu’un travail minutieux les répertorie afin d’y mettre de l’ordre ; cette nécessité de clarification ou simplification ayant pour but aussi de prévenir et d’éviter la concurrence déloyale. Bien entendu, dans ce groupe de travail, une grande attention a été apportée à l’assurance de la nécessaire cohérence avec l’ensemble des réglementations en vigueur au niveau européen voire international.
Le CNE a ainsi conçu, avec l’ensemble de ses partenaires, ce document de référence.  Le CNE y formule des avis sur la base d’exemples et émet des recommandations. Les entreprises peuvent désormais s’y référer pour aider à rendre claires, précises et vérifiables toute assertion en la matière.

 

 

Quelle est justement la politique menée en matière environnementale par P&G ?

 

P&G a déployé en septembre 2010 sa  nouvelle vision long-terme du développement durable.  Le volet environnemental repose  sur un axe « produit » et un axe « production ».
En ce qui concerne le produit et son emballage, notre ambition à terme c’est de n’utiliser que des matériaux 100% renouvelables ou recyclés, avec à la clef « zéro déchet » dans les sites d’enfouissement et bien entendu des produits et des emballages qui plaisent à nos utilisateurs.
D’ici 2020, nous souhaitons pouvoir remplacer 25% de matériaux issus de pétrole par des matériaux issus de sources durables.

Pour atteindre ces objectifs pour nos emballages, nous sommes très attentifs aux souhaits des consommateurs en matière de protection de l’environnement et dans cette perspective, nous optons pour une démarche humble, objective, fondée sur des faits tangibles mais une démarche ambitieuse.  Chaque innovation produit représente une opportunité d’amélioration de l’emballage.  Par exemple, sur Pampers, dès lors qu’on réduit l’épaisseur de la couche, on diminue le poids de son emballage.  Ainsi en 20 ans, l’emballage a été réduit de 80%.
Autre exemple, sur le marché d’Europe de l’Ouest et aux Etats Unis, nous avons développé avec succès la gamme Nature Fusion de Pantène qui est désormais distribuée dans des flacons fabriqués avec 45% de plastique issu de végétaux provenant de cultures durables (la canne à sucre brésilienne).  Cette avancée témoigne de l’engagement de P&G en faveur du développement de produits issus de matériaux renouvelables.

 

 

Mais comment peut-on informer les consommateurs sans les noyer sous un flux d’informations ?

 

Chez P&G notre communication se fonde sur les  progrès « significatifs » du produit ou du couple produit-emballage en terme d’impact environnemental mais parfois, il faut le reconnaître, les arguments écologiques sont des messages un peu complexes ou délicats à faire passer au consommateur.
Ainsi, nous avons lancé en 2011 une lessive liquide 50% plus concentrée, dans une bouteille beaucoup plus compacte. Informer les consommateurs sur la compaction et les sensibiliser au nouveau dosage de la lessive est un vrai défi à faire passer en priorité. De fait, nous n’avons pas évoqué sur l’emballage lui-même  les bénéfices en matière de respect de l’environnement (économie de packaging, moins de camions sur les routes…).
En revanche, ceux-ci ont été diffusés par voie de presse, ou sur nos plates-formes d’informations ou magazines de consommation.

 

La communication en France sera rendue plus aisée car le cadre des réglementations désormais établi avec le soutien précieux du CNE permet de communiquer ces informations et de mettre en lumière les conditions d’évaluations et les bonnes pratiques.