La prévention en actions vue du Québec

Fiche pratique : Eco-Conception et emballages
Sep 2014
Le CNE et le monde de l’éducation : une relation évidente
Nov 2014

La prévention en actions vue du Québec

Maryse VermetteEEQ : Eco Entreprises Québec s’entretient avec le CNE

Entretien avec Maryse Vermette, PDG de EEQ

 

Créé à l’initiative des entreprises qui mettent sur le marché québécois des contenants, des emballages et des imprimés, Éco Entreprises Québec (ÉEQ) est un organisme privé sans but lucratif agréé par le gouvernement du Québec en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement depuis 2005. Maryse Vermette, sa Pdg répond à nos questions.

 

Pourriez-vous  nous résumer en quelques mots les missions de EEQ ?

Éco Entreprises Québec (ÉEQ) est l’organisme qui élabore le tarif et perçoit la contribution des entreprises, qui est ensuite redistribuée afin de financer les services municipaux de collecte sélective au Québec. ÉEQ encourage également l’innovation et le partage des meilleures pratiques dans le but d’optimiser la chaîne de valeur des matières recyclables. Pour ce faire, ÉEQ collabore autant avec les entreprises, pour réduire les quantités à la source et privilégier l’utilisation de matières recyclables, qu’avec les municipalités et les autres intervenants, pour accroître le recyclage et la valeur économique des matières récupérées.  ÉEQ compte plus de 3 000 entreprises et organisations contributrices mettant sur le marché québécois des contenants, emballages et imprimés. Celles-ci sont tenues, en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), de compenser 100% des coûts nets des services municipaux de collecte sélective depuis 2013.

 

EEQ s’est inspiré des documents de prévention du CNE. Les deux institutions sont partenaires de longue date, comment envisagez-vous la suite de votre collaboration ?

Il importe que nos deux organisations poursuivent leur collaboration par un partage de nos pratiques respectives,  des résultats de nos travaux sur l’optimisation des emballages et de nos veilles informationnelles sur les emballages. ÉEQ suit  de près l’évolution du site BEE d’Éco-Emballages

 

Quels objectifs pourraient se fixer le CNE et EEQ pour le meilleur de l’emballage ?

S’assurer que les entreprises intègrent l’écoconception et  l’optimisation des emballages dans leur processus d’affaires. Il faut encourager les entreprises à poser des gestes concrets et à les diffuser. Les outils d’optimisation  et de communication existent, il faut maintenant que les entreprises se les approprient, qu’elles soient  pro-actives dans la mise en œuvre de ces outils et démontrent du leadership. Il faut se fixer des objectifs communs mesurables sur l’optimisation des emballages et  développer des messages harmonisés à l’endroit de nos autorités gouvernementales respectives.

 

Quelles sont les préoccupations majeures concernant l’emballage de la société au Québec ? Quelles problématiques EEQ prend-elle en charge ?

La première : l’émergence des emballages difficilement recyclables, les emballages qui créent un impact négatif sur la filière du tri.

La seconde : le suremballage des produits importés, notamment  les produits électroniques et les jouets. Le secteur alimentaire est très actif et exerce davantage de leadership.

Enfin, dans son rôle d’optimisateur de la collecte sélective au Québec, ÉEQ développe des partenariats avec les différentes filières de fabrication des emballages afin de créer des synergies entre ceux qui conçoivent les emballages, soit les « brandowners » qui sont les membres de ÉEQ ,  les opérateurs de collecte et de tri et les consommateurs.

EEQ travaille également à l’identification de leviers d’optimisation de la collecte sélective des emballages et imprimés et à la mise en œuvre de meilleures pratiques autant au niveau de l’écoconception que de la gestion des programmes municipaux de collecte sélective.

 

Vous serez présente lors du salon de l’emballage 2014 à Paris lors de la seconde table ronde internationale, sans déflorer le sujet, pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’importance de l’économie circulaire et de l’écoconception au Québec ?

ÉEQ amorce actuellement une collaboration avec les institutions universitaires et les groupes de recherche qui s’intéressent à l’économie circulaire.  Un projet de partenariat pour 2015 est actuellement à l’étude. En complément de son Portail d’optimisation OptimEco et de son outil de déclaration en ligne OptimAction, lancés à l’automne 2013, ÉEQ  a récemment publié sur  internet une trousse de diffusion faisant la promotion de l’écoconception.

La trousse guide les gestionnaires à intégrer l’écoconception au processus d’affaires existant par :

• la description des notions d’écoconception;

• l’énumération de ses bénéfices et des leviers d’amélioration;

• les étapes pour implanter une démarche d’écoconception au sein de l’entreprise (savoir par où commencer), des pistes d’engagement concrètes pour mobiliser les équipes et partenaires; et

• un accompagnement personnalisé.

Cette trousse déboulonne également les mythes et les idées préconçues à l’égard de l’écoconception. Vous pouvez télécharger le sommaire exécutif de la trousse OptimEco et le communiqué du lancement.

Nous  travaillons actuellement avec  différentes associations patronales  et Chambres de commerce afin de faire connaître les outils d’optimisation disponibles pour les entreprises. Nous offrons également en collaboration avec des partenaires spécialisés, Quantis Canada et l’Institut de développement des produits (IDP), un programme de formation  sur mesure pour les entreprises en écoconception et de l’accompagnement en entreprises.  Nous appuyons également les universitaires québécoises afin d’adapter la formation académique en ajoutant ou en développant davantage l’écoconception dans les programmes de design industriel. Nous vous invitons à prendre connaissance du communiqué portant sur l’initiative PackPlay auquel ÉEQ s’est associé cet automne et qui touche plusieurs universités européennes donc celle de Nantes.

 

Voulez vous évoquer un autre sujet que vous souhaiteriez développer dans cette newsletter ?

Il faut sensibiliser les autorités gouvernementales que l’optimisation des emballages s’inscrit dans un processus de changement de comportement autant chez le consommateur que chez l’entreprise, que la sensibilisation et l’information sont essentielles à toute gestion de changement de comportement et que la règlementation coercitive n’est pas une solution. La solution réside dans l’établissement d’objectifs mesurables réalistes qui tiennent compte du processus de changement de comportement. À cet effet, ÉEQ travaille actuellement avec l’Observatoire de la consommation responsable de l’UQAM qui analyse les gestes et les attentes du citoyen par rapport à la consommation, notamment les produits emballés.