Première édition du concours emballé 3.0 : premier succès

Interview de Philippe Joguet
Mar 2011
Agenda du CNE pour les trois mois à venir
Mar 2011

Première édition du concours emballé 3.0 : premier succès

Le 27 janvier dernier s’est déroulé dans les salons 37 de la rue Marboeuf à Paris, la première cérémonie officielle de remise des prix aux lauréats du concours Emballé 3.0, lancé par le CNE à la rentrée 2010. Ouvert aux étudiants de diverses écoles d’ingénieurs, particulièrement en emballage ou en design, ce concours récompense l’innovation et l’originalité pour un projet d’emballage d’un produit de grande consommation. Sur 30 dossiers, 3 ont été retenus auxquels s’ajoute un projet « coup de cœur » du jury. Zoom sur cet événement inédit.

SONY DSCLe pari était risqué. Lancer un concours sur l’emballage avec pour critères d’imaginer un projet innovant, porteur de sens pour le bien commun et exemplaire en termes de prévention des déchets et de réduction à la source de l’emballage n’était pas gagné d’avance. Pourtant, étudiants, responsables de formation, membres du jury sollicités, tous se sont enthousiasmés pour cette idée originale lancée par Michel Fontaine, président du CNE et Bruno Siri, délégué général. Le concours a d’ailleurs attiré de nombreux sponsors : le Clife, Eco-Emballages, Elipso, la Fcd, France Alluminium recyclage, Procelpac, Valorplast, Verre Avenir et qui ont soutenu ce projet dès le début.

 

120 écoles ont été appelées à participer et ainsi 87 étudiants ont proposé 30 dossiers à un jury de professionnels : Arcelor Mittal, DuPont, Elipso, Emballage Digest, Emballages magazine, Orgeco, l’agence de design P’référence et les responsables du Cne bien entendu.

L’énergie, l’intelligence et l’originalité des projets ont « emballé » le jury qui a eu beaucoup de mal à trancher.

 

Finalement, trois projets ont été primés. L’école AgroParisTech de Massy a ouvert le bal avec deux dossiers. Le premier est un emballage pour des salades snacking avec sa sauce à part dans un cube en plastique. L’emballage est léger, moderne, design et sa forme cubique permet un meilleur stockage dans le rayon des magasins. Il permet un gain de volume en palettisation et une économie de camions pour leur transport. Le deuxième projet propose une gamme de shampoings naturels en poudre. L’emballage se présente sous la forme d’un sac en coton dans lequel se trouve un kit de préparation du shampoing avec une bouteille réutilisable, 3 sachets de shampoing en poudre, 1 entonnoir, 1 huile essentielle de lavande et une fiche d’instructions. L’idée est de faire préparer le shampoing par le consommateur avec une bouteille prévue pour plusieurs utilisations et ainsi de s’affranchir de transporter de l’eau. Le jury a été séduit par la qualité de la présentation du projet et par sa faisabilité.

Le troisième projet récompensé vient de l’ENSAIA de Nancy. Il est présenté par des étudiants de 3ème année qui proposent d’emballer un yaourt avec de l’air. L’« airpack » est un emballage constitué d’une couche d’air comprimé emprisonnée entre deux couches ultra fines de Pet. Ce projet a retenu l’attention du jury pour son originalité, le matériau principal étant de l’air ! Il associe le rigide avec le souple et remplace le polystyrène généralement utilisé pour les yaourts par du Pet.

Enfin, le jury n’a pas pu résister de récompenser un quatrième projet, même si celui-ci n’était plus dans la ligne stricte des critères du concours. Son ingéniosité et l’idée de transformer l’emballage lui-même en objet de décoration a néanmoins conquis le jury. Il s’agit de la lampe Shock sock, réalisée par des étudiants de l’école ENSAAMA dont l’emballage se déplie pour constituer le corps d’une lampe décorative, qui s’éclaire par une ampoule fournie dans l’emballage.

 

Amandine Burette et Alexane Icca sont les lauréates du premier projet, des emballages de salades. Elles nous livrent leur impression sur ce concours.

 

La Lettre : Comment vous est venue cette idée d’imaginer un emballage en forme de cube ?

 

Amandine Burette/Alexane Icca : Nous sommes nous-mêmes consommatrices de salades à emporter et nous trouvions les emballages existants ronds dans des boites en plastiques peu commodes et peu rentables en termes d’économie d’emballage. Ils sont difficiles à stocker sur les rayons et prennent beaucoup de place par rapporta au contenu. On a donc imaginé un emballage pratique avec moins de vide à l’intérieur et moins de plastique. C’était presque évident quand on s’est mises à réfléchir au sujet.

 

La Lettre : Que vous a apporté cette expérience de participer au concours ?

 

Amandine Burette/Alexane Icca : Cela nous a obligé à réfléchir l’esprit ouvert, à chercher à innover sur des choses que l’on voyait tout le temps. On a cherché à garder les pieds dans la réalité avec un produit qui puisse satisfaire le consommateur final. Il fallait travailler sur projet réel et c’était une super expérience. Puis ça nous a permis de travailler en groupe, de réfléchir ensemble en gardant tout possible. Partager cette ouverture d’esprit était très enrichissant. À plusieurs on est plus créatif. On a travaillé quatre semaines, c’était assez rapide et vraiment intéressant.