DÉFINIR LA PRÉVENTION DES DÉCHETS D'EMBALLAGES

LA GESTION DES DÉCHETS ENGLOBE PLUSIEURS APPROCHES :
LA RÉDUCTION À LA SOURCE DE LA PRODUCTION DE DÉCHETS. LEUR TRI ET LEUR VALORISATION. LA RÉDUCTION À LA SOURCE EST UNE NOTION QUI S'IMPOSE D'ÉVIDENCE TANT IL EST PRÉFÉRABLE DE PRÉVENIR QUE GUÉRIR.

UNE OBLIGATION COMMUNAUTAIRE

La directive européenne 94/62/CE, relative aux emballages et aux déchets d'emballages,"prévoit des mesures visant, comme premières priorités, la prévention
des déchets d'emballages et, comme autres principes fondamentaux, la réutilisation
des emballages, le recyclage et les autres formes de valorisation des ces déchets d'emballages et, partant la réduction de l'élimination finale de ces déchets".

Les exigences essentielles de cette directive portent sur :

  • La fabrication et la composition des emballages
   - limitation du volume et du poids au minimum nécessaire pour assurer le niveau requis de sécurité, d'hygiène et d'acceptabilité aussi bien pour le produit emballé que pour le consommateur,
   - conception, fabrication et commercialisation de manière à permettre sa réutilisation ou sa valorisation, y compris son recyclage, et à réduire au minimum son incidence sur l'environnement lors de l'élimination des déchets d'emballages,
   - réduction au minimum de la teneur en substances et matières nuisibles du matériau d'emballage et de ses éléments,
  • Le caractère réutilisable d'un emballage
  • Le caractère valorisable d'un emballage
   - par recyclage de matériaux (valorisation matière),
   - par récupération d'énergie (valorisation énergétique),
   - par compostage et biodégradabilité,

LA DÉFINITION EUROPÉENNE DE LA PRÉVENTION

Une première définition, officielle, de la prévention est délivrée par la même directive :

"la réduction de la quantité et de la nocivité pour l'environnement :

  • des matières et des substances utilisées dans les emballages et les déchets d'emballages,
  • des emballages et déchets d'emballages au stades du procédé de production, de la commercialisation, de la distribution, de l'utilisation et de l'élimination,
notamment par la mise au point de produits et de techniques non polluantes".

Cette définition montre que la prévention s'apprécie à la source d'un double point de vue, quantitatif, des tonnes économisées et qualitatif, de réduction de la nocivité pour l'environnement. Elle précise que la prévention des déchets d'emballages concerne toutes les étapes du cycle de vie du couple "produit-emballage".

LES CHAMPS D'APPLICATION

Si le consommateur ne connaît généralement qu'un ou deux niveaux de l'emballage, les professionnels en distinguent plusieurs:

  • l'emballage consommateur qui peut lui-même comprendre deux niveaux: l'unité de consommation et l'unité de vente consommateur; cette dernière est souvent confondue avec l'unité de consommation mais elle peut consister en un regroupement d'unités de consommation. L'unité de vente consommateur est identifiée par le code à barres du produit.
  • l'emballage logistique, le plus généralement composé de l'unité de manutention ou de regroupement, fardeau portable par un individu, et de l'unité de chargement, permettant l'optimisation du stockage et du transport.

Cet ensemble constitue un système d'emballage nécessaire à l'acheminement et au maintien de l'intégrité du produit depuis son lieu de fabrication jusqu'à sa consommation.
La directive européenne 94/62/CE donne la définition officielle de l'emballage et en précise les champs d'application. Elle "entend par emballage tout produit constitué de matériaux de toute nature, destiné à contenir et à protéger des marchandises données, allant des matières premières aux produits finis, à permettre leur manutention et leur acheminement du producteur au consommateur ou à l'utilisateur, et à assurer leur présentation. Tous les articles "à jeter" utilisés aux mêmes fins doivent être considérés comme des emballages.

L'emballage est uniquement constitué de :

  • l'emballage de vente ou emballage primaire, c'est à dire l'emballage conçu de manière à constituer au point de vente une unité pour l'utilisateur final ou le consommateur:
  • l'emballage groupé ou emballage secondaire, c'est-à-dire l'emballage conçu de manière à constituer au point de vente un groupe d'un certain nombre d'unités de vente, qu'il soit vendu tel quel à l'utilisateur final ou au consommateur, ou qu'il serve seulement à garnir les présentoirs au point de vente ; il peut être enlevé du produit sans en modifier les caractéristiques;
  • l'emballage de transport ou emballage tertiaire, c'est-à-dire l'emballage conçu de manière à faciliter la manutention et le transport d'un certain nombre d'unité de vente ou d'emballages groupés en vue d'éviter leur manipulation physique et les dommages liés au transport..."

On retiendra donc que l'action de prévention doit s'analyser tout au long de la chaîne de l'emballage du produit, de sa conception à sa destruction.

LA RÉDUCTION À LA SOURCE

La définition proposée par le Comité Européen de Normalisation (TC261) affine l'approche et propose une nouvelle cohérence : la réduction à la source apparaît comme l'un des moyens disponible pour faire de la prévention, définie comme "le processus visant à atteindre le minimum nécessaire et suffisant en volume et/ou poids de l'emballage primaire et/ou secondaire et/ou tertiaire, à cahier des charges, niveau de performance et acceptabilité du client identiques et/ou suffisants, ce qui conduit de ce fait à minimiser l'impact de l'emballage sur l'environnement."

Cette définition fait ressortir l'importance du maintien de la valeur d'usage entre une situation "avant" et "après", un principe essentiel pour qu'une action de prévention puisse être validée.

À la lumière de ces définitions, le Conseil National de l'Emballage a concentré son analyse sur les actions de réduction à la source, et leurs effets sur le poids et le volume des emballages. Les autres initiatives positives, communiquées par les entreprises sous leur responsabilité, pour minimiser l'impact de l'emballage sur l'environnement, et renvoyant à une approche élargie de la prévention (facilité de recyclage, utilisation de recyclé...) seront indiquées, le cas échéant, en complément du fait principal. À ce stade, il n'a pas été possible d'évaluer l'ensemble de leurs impacts sur l'environnement; il appartient au lecteur d'apprécier les conséquences, non décrites, de ces actions de réduction sur l'environnement en intégrant, en particulier, la fin de vie des emballages.

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